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Histoire

Onze siècles au-dessus de l'Isère

Pourquoi ce lieu compte

Dressé sur un piton rocheux dominant l'Isère, le Château de la Sône réunit plusieurs strates d'histoire: une maison forte médiévale, un château remanié au début du XVIIe siècle, un parc recomposé à la fin du XIXe et, aujourd'hui, un lieu d'accueil et de réception. Sa silhouette raconte à la fois le Dauphiné, la mémoire de la soie et l'art d'habiter un grand domaine.

Un château, plusieurs vies du Dauphiné

Forteresse de passage, demeure de robe, maison liée aux soyeux puis domaine de villégiature, le Château de la Sône condense à lui seul une part sensible de l'histoire locale.

Un site ancien, entre tradition et certitude

La tradition locale place sur ce promontoire un ancien oppidum allobroge, signe d'une occupation humaine très ancienne sur ce point de contrôle naturel au-dessus de la rivière.

Ce qui est mieux établi, c'est l'existence d'une maison forte mentionnée en 1210 dans des lettres patentes attribuées à l'empereur du Saint-Empire Othon IV. Le site apparaît alors déjà comme une position stratégique sur l'axe de l'Isère.

Du château delphinal aux guerres de Religion

Dans la première moitié du XIVe siècle, l'édifice est agrandi et ses défenses sont renforcées dans l'orbite du dauphin Humbert. Un siècle plus tard, en 1448, le dauphin Louis, futur Louis XI, y séjourne, preuve du rang que conserve alors la place dans le Dauphiné.

Les guerres de Religion éprouvent durement le château. Entre 1562 et 1598, catholiques et protestants se disputent le site; Lesdiguières en fait le siège et l'ensemble sort profondément endommagé de cette période troublée.

Le temps des Boffin

En 1603, Horace du Rivail vend la seigneurie de La Sône à Félicien de Boffin, avocat général au Parlement de Grenoble. Avec lui, la noblesse de robe succède à la noblesse d'épée.

Félicien de Boffin répare les blessures laissées par les guerres de Religion et donne au château une part essentielle de sa physionomie classique. La famille Boffin demeure en place près de deux siècles et le domaine est élevé en marquisat vers 1732.

Soie, restaurations et transmissions

À la Révolution, le château échappe de justesse au démantèlement ordonné le 15 thermidor an I. En 1820, il échoit aux Jubié, famille liée à l'histoire de la soie à La Sône depuis les Manufactures Royales établies au XVIIIe siècle.

La mémoire du lieu reste d'ailleurs étroitement associée à Jacques de Vaucanson et aux innovations de moulinage. Stendhal, au XIXe siècle, évoque encore le château, les Jubié et les machines de soie dans ses pages consacrées au Dauphiné.

La vente aux Jubié est annulée en 1848, puis plusieurs propriétaires se succèdent. La notice Mérimée situe une importante campagne de restauration et l'aménagement du parc vers 1890. Les façades, toitures et la chapelle sont inscrites au titre des Monuments historiques depuis le 6 novembre 1968; le parc l'est depuis le 30 juin 1995, avec une mise à jour de protection en 2016.

Dates clés

1210

La maison forte est mentionnée dans des sources historiques relatives au château.

Première moitié du XIVe siècle

Le site est agrandi et renforcé dans l'orbite du dauphin Humbert.

1448

Le dauphin Louis, futur Louis XI, séjourne au château.

1562-1598

Les guerres de Religion endommagent gravement l'édifice.

1603

Félicien de Boffin acquiert la seigneurie et engage de profonds remaniements.

Vers 1732

La terre de La Sône est élevée en marquisat.

1820-1848

Passage aux Jubié, liés à l'histoire soyeuse de La Sône; la vente est finalement annulée.

Vers 1890

Restauration du château et recomposition du parc à la fin du XIXe siècle.

1968 / 1995 / 2016

Chapelle, façades et toitures puis parc sont protégés au titre des Monuments historiques.

2017

Le château appartient alors à la famille Mallet, qui engage sa remise en vie.

2025

De nouveaux propriétaires ouvrent un nouveau chapitre dans l'histoire du domaine.

Hôtes illustres et mémoire du lieu

Au-delà des pierres et des dates, le château s'est aussi transmis par les récits, les souvenirs et les regards de ceux qui l'ont traversé.

Stendhal en chemin

Dans les Mémoires d'un touriste, Stendhal évoque le « curieux château de la Sône », tête de pont sur l'Isère, et rappelle le souvenir des Jubié, de la filature et des machines de Vaucanson.

Françoise Sagan à La Sône

Au XXe siècle, la mémoire locale associe le château aux séjours de Françoise Sagan auprès de la famille Morel. Cette présence est souvent rapprochée, avec prudence, de l'imaginaire de Château en Suède.

Une demeure habitée par les récits

La seconde moitié du XXe siècle laisse l'image d'une maison vivante, recevant des visiteurs venus des arts, des lettres, des sciences et de l'industrie, dans un parc redevenu lieu de promenade et de conversation.

Photos historiques

Carte postale ancienne de la Maison de la Sône

Carte postale de 1926

Carte postale ancienne du Château de la Sône

Le Château de la Sône et le pont de La Sône dans les cartes postales anciennes

Repères et sources

Cette page s'appuie sur la notice Mérimée du ministère de la Culture, des publications patrimoniales iséroises et les archives éditoriales du château.